David Looseley

David LOOSELEY
(Key Speaker)
Emeritus Professor of Contemporary French Culture at the University of Leeds, UK
David Looseley is Emeritus Professor of Contemporary French Culture at the University of Leeds, UK. He founded the Popular Cultures Research Network in 2005 and was its director until 2010. He has published extensively on French cultural policy and popular culture, including The Politics of Fun: Cultural Policy and Debate in Contemporary France (Berg 1995, reprinted 1997) and Popular Music in Contemporary France: Authenticity, Politics, Debate (Berg, 2003). More recently, he has begun writing in French on UK policy and is currently engaged in comparative research on the cultural policies of both countries. He is a contributing author and the co-editor with Diana Holmes of a forthcoming monograph on discourses of the popular in contemporary French culture (Manchester University Press).
(Re) Thinking the crisis: attitudes to culture and the economy in France and England, then and now
My on-going comparative research on cultural policy in France and Britain deals generally with how the arts and culture have been conceptualised and rationalised in governmental policymaking, endeavouring, in the process, not to draw a qualitative distinction between policy ‘discourse’ and policy ‘practice’.
The proposed paper therefore responds to the CFP’s suggestion that comparative, transdisciplinary and historical approaches to the conference theme would be welcome by examining how the arts and culture have been thought about in times of economic crisis and how the arts themselves have thought about that crisis. It will follow two comparative tracks: it will compare France with England (not the UK as a whole) and compare the economic crisis of today with that of the 1980s, exploring how the narratives of crisis today compare with those of thirty years ago. Hence the ‘(re)’ prefix in my title.
In France in 1981, J. Lang developed a narrative in which ‘culture’ (the arts, broadly defined) was upgraded as an active, positive response to the recession in his famous slogan ‘culture et économie même combat’, though the meanings of this slogan changed subsequently as the recession deepened, and practical policy-making shifted accordingly. In the UK, by contrast, under M. Thatcher, the arts were downgraded, in favour of more ‘important’ public services (the cultural field as ‘adjustment tool’, to borrow the terms of the CFP). It was largely in the 1990s that a comparably upbeat mobilisation of the arts for economic purposes became dominant, together with a corresponding creative-industries logic. Can we see these attitudes returning after 2008 in the two countries? Or has anything been learnt from those past experiences?
At this early stage of the research, it is not possible to answer these questions definitively. But over the coming months, the project will explore a number of hypotheses, some of which will form the basis of the paper in December:
• has a new instrumentalism reared its head?
• what has been the impact of the crisis on notions of diversity and intercultural dialogue?
• has the crisis altered the understanding of ‘social impact’, very much a key term in UK arts and humanities at present?
• has there been in France a greater tendency, when faced with the crisis, to look back to cultural policy’s heyday in what might be called ‘institutional memory’, e.g. the 50th anniversary of the Ministry in 2009, the 30th anniversary of the Mitterrand-Lang era and of the Fete de la musique in 2011? Does French policy discourse in fact tend to become more reflexive in times of crisis than its UK equivalent?
• with this question in mind, what sense can be made of the notion of ‘innovation’ in current governmental rhetoric in the UK?
Key-words: comparative cultural policies; France and England; policy discourse and practice; economic crisis; the 2010s and the 1980s.

David LOOSELEY
(invité d’honneur)
Professeur émérite de culture française contemporaine, University of Leeds, UK
David Looseley est professeur émérite de culture française contemporaine à l’université de Leeds, Royaume-Uni. Il a fondé le réseau de recherche sur la culture populaire (Popular Cultures Research Network) en 2005, dont il a été directeur jusqu’en 2010. Il a publié abondamment sur la politique culturelle française et la culture populaire, y compris The Politics of Fun : La Politique Culturelle et Le Débat dans la France contemporaine (Berg 1995, réimprimé 1997) et La musique populaire dans la France contemporaine : Authenticité, Politique, Débat (Berg, 2003). Plus récemment, il a commencé à écrire en français sur la politique britannique et il est actuellement engagé dans des recherches comparatives sur les politiques culturelles des deux pays. Il est auteur d’un article et co-éditeur avec Diana Holmes d’une monographie à paraître sur les discours du populaire dans la culture française contemporaine (Manchester University Press).
(Re) Penser la crise: comportements à l’égard du rapport culture-économie en France et en Angleterre, hier et aujourd’hui
Mes recherches comparatives en cours sur les politiques culturelles française et britannique ont pour thème la conceptualisation et la justification de la culture par les pouvoirs publics, sans faire de distinction qualitative entre ‘discours’ et ‘pratique’ politiques.
Dans ce contexte général, cette communication répond à l’invitation (dans l’appel à communications) à adopter, entre autres, des perspectives « transdisciplinaires », « comparatives » ou « historiques ». La communication cherchera donc à savoir comment les arts sont pensés en temps de crise, et comment, à leur tour, les arts pensent cette crise. Elle suivra deux pistes méthodologiques : comparer la France et l’Angleterre ; comparer la crise actuelle et celle des années 80. De là le ‘(re)penser’ du titre.
En France en 1981, J. Lang développe un discours dans lequel la ‘culture’ est revalorisée en tant que réponse active, positive à la récession, selon son célèbre ‘culture et économie même combat’ — slogan qui d’ailleurs a progressivement changé de sens, tout comme les mesures prises en la matière, avec l’aggravation de la crise. Au Royaume-Uni sous M. Thatcher, par contre, les arts ont été dévalorisés par rapport à d’autres service publics jugés prioritaires (la culture considérée comme ‘une variable d’ajustement’, selon les termes de l’appel à communications). Ce fut plutôt dans les années 90 qu’une mobilisation positive de la culture comme outil économique s’est progressivement produite, allant de pair avec une logique industrielle. Ces mêmes prises de position sont-elles en train de se reproduire depuis 2008 dans les deux pays ? Ou est-ce que le vécu a transformé les enjeux ?
A ce stade encore préliminaire de la recherche, il n’est pas possible de répondre avec certitude à ces interrogations. Mais dans les mois qui viennent, un certain nombre d’hypothèses seront examinées, dont certaines figureront dans la communication de décembre :
• Une nouvelle instrumentalisation de la culture se fait-elle jour ?
• Quel est l’impact de la crise sur les notions de diversité et de dialogue interculturel ?
• La crise a-t-elle modifié l’acception de ‘social impact’ — terme clé en Angleterre actuellement ?
• Face à la crise, la France de 2011 a-t-elle davantage tendance à faire valoir une ‘mémoire institutionnelle’ : à faire un retour en arrière vers un « âge d’or » de la politique culturelle ? (Cinquantenaire du Ministère, trentième anniversaire du ministère Lang, de la Fête de la musique, etc. …) ? Le discours politique français tend-il donc vers une plus grande réflexivité que le discours anglais ?
• Et, sous ce jour précisément, comment comprendre la notion d’innovation, très en vue dans la rhétorique gouvernementale anglaise ?

Mots-clés : politique culturelle; France et Angleterre; ‘discours’ et ‘pratique’; crise; les années 1980 et les année 2010.