Jean Michel TOBELEM

Jean-Michel TOBELEM
Director of Option Culture and of the collection “The management of the Cultural and not-for-profit sector”
Jean-Michel TOBELEM, phd in administration and management, graduate from the Institute d’études politiques de Paris et d’études supérieures de droit public, laureate of the Lavoisier award (ministère des Affaires étrangères), currently lectures at the École du Louvre and several other universities, and is the director of Option Culture, a research and survey institute. His publications include: Musées et culture, le financement à l’américaine (PUL) and Le nouvel âge des musées, les institutions culturelles au défi de la gestion (Armand Colin). He heads the collection “The management of the Cultural and not-for-profit sector” (Gestion de la culture et du secteur non lucratif) at the publisher l’Harmattan and coordinates a blog on cultural site management (http://option.culture.free.fr/blog).
(Re) The arts and culture: burden or contributor for exiting the crisis?
With the financial crisis, followed by the economic and social crisis which has spread from the United States to Europe, the trend of less public spending on culture has accelerated. At the same time, however, public officials affirm that the arts, culture and, more broadly, creative industries, constitute one of the most reliable means available to contemporary developed societies to extricate themselves from the crisis.
How can such a paradox be understood: are public authorities schizophrenic? Is there a contradiction in the definition and the implementation of public policies? Conversely, can one hypothesize that public action has a logical underpinning? What would be its basis?
We believe that the answer is to be found on two levels: on the one hand, there is an increasing instrumentalization of artistic and cultural activities, which are used for ends which are at least partly foreign to them (in particular, to economic and diplomatic ends). On the other hand, a reorientation of public policies concerning creative and cultural industries is occurring. It would seem that it is in this sense that the engagement of a growing number of CEOs and leaders in favor of cultural industries may be understood (cf. the manifesto for a “mauve economy” published in Le Monde).
This policy choice, even if it appears to offer certain strategic opportunities to the artistic and cultural sector, seems nevertheless to involve serious risks for cultural creation, artistic experimentation and “scientific” activities undertaken by museums. Furthermore, it risks accentuating the trend of concentrating public and private funds on the most prominent museums and historical sites, thereby threatening to accentuate the implementation of a two-tier system.
Key-words: museum, heritage, cultural policy, creative industries, instrumentalization.

Jean-Michel TOBELEM
Directeur d’Option Culture et de la collection “Gestion de la culture”, l’Harmattan
Jean-Michel TOBELEM, docteur en gestion, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et d’études supérieures de droit public, ancien lauréat de la bourse Lavoisier du ministère des Affaires étrangères, enseignant à l’École du Louvre ainsi que dans plusieurs universités, est directeur de l’institut d’étude et de recherche Option Culture. Il a notamment publié Musées et culture, le financement à l’américaine (PUL) et Le nouvel âge des musées, les institutions culturelles au défi de la gestion (Armand Colin). Responsable de la collection « Gestion de la culture et du secteur non lucratif » aux éditions l’Harmattan, il anime le blog du management des sites culturels (http://option.culture.free.fr/blog).
(Re) Les arts et la culture : fardeau ou facteur de sortie de crise ?
Avec la crise financière, puis économique et sociale, qui s’est répandue des États-Unis d’Amérique jusqu’en Europe, la tendance à la diminution des moyens publics alloués à la culture s’est accélérée. Pourtant, dans le même temps, des responsables publics affirment que les arts, la culture et, plus largement, les industries créatives, constituent l’un des plus sûrs moyens de sortie de crise offerts aux sociétés contemporaines développées.
Comment comprendre un tel paradoxe : y a-t-il une schizophrénie des pouvoirs publics ? S’agit-il d’une contradiction dans la définition et la mise en œuvre des politiques publiques ? Peut-on, à l’inverse, faire l’hypothèse d’une logique de l’action publique ? Quel en serait alors le fondement ?
Selon nous, celui-ci est à chercher dans un double registre : d’une part, une instrumentalisation croissante des activités artistiques et culturelles à des fins qui leur sont en partie étrangères (économiques et diplomatiques en particulier). Et, d’autre part, une réorientation des politiques publiques autour des industries culturelles et créatives. C’est en ce sens, semble-t-il, qu’il faut comprendre l’engagement d’un nombre croissant de chefs d’entreprise et de responsables économiques en faveur du secteur des industries culturelles (cf. le manifeste pour une « économie mauve » paru dans le journal Le Monde).
Ce choix de politique, même s’il paraît pouvoir offrir certains débouchés stratégiques au secteur des arts et de la culture, apparaît toutefois lourd de risques pour la création culturelle, l’expérimentation artistique et les activités « scientifiques » conduites dans les musées. De surcroît, il risque d’accentuer la tendance à la concentration des moyens publics et privés accordés aux structures muséales et patrimoniales les plus importantes, menaçant d’approfondir la mise en place d’un système « à deux vitesses ».
Mots-clés : musée, patrimoine, politique culturelle, industries créatives, instrumentalisation.